Zidane chez les Bleus : déjà dans le vif du sujet
Quatre matchs, trois victoires, un nul. Et une première place en Ligue des Nations. Sur le papier, les débuts de Zinédine Zidane sur le banc de l’équipe de France ressemblent à un sans-faute. Dans les faits, c’est un peu plus nuancé, et c’est justement ce qui rend ce premier bilan intéressant.
Parce qu’on ne va pas se mentir : on a vu des Bleus qui gagnent, mais pas toujours des Bleus qui rassurent. Des victoires arrachées dans les dernières minutes, un nul frustrant contre l’Italie, un capitaine blessé dès le premier soir… et puis ce 4-1 renversant face à la Belgique qui a rappelé une chose. Le coach sait lire un match.
Alors, que retenir de ce premier rassemblement ? Qu’est-ce qui a changé depuis l’ère Deschamps ? Et surtout, à quoi s’attendre en novembre, avec un déplacement à San Siro qui sent déjà le grand rendez-vous ? On fait le point.
Le rêve d’une vie, enfin officiel
Pour bien mesurer ce qui se joue, il faut revenir quelques mois en arrière. Didier Deschamps avait annoncé dès janvier 2025 qu’il quitterait son poste après la Coupe du monde 2026. Le nom de Zidane s’est imposé presque tout de suite. Lui-même ne s’en cachait pas : il répétait depuis des années que l’équipe de France était le seul banc qui l’intéressait vraiment.
Le problème, c’est que l’été 2026 s’est terminé dans la douleur pour les Bleus. Battus 2-0 par l’Espagne en demi-finale du Mondial, le 14 juillet à Dallas, ils ont ensuite perdu une petite finale complètement folle contre l’Angleterre (6-4) à Miami. Menés 4-0 à la pause, revenus à 4-3, puis rattrapés par un Bukayo Saka auteur d’un triplé. Une sortie bizarre pour Deschamps, mais une sortie qui ne remet pas en cause ses quatorze années de règne.
Dix jours plus tard, le 28 juillet, la FFF officialisait enfin ce que tout le monde savait. Zidane devenait sélectionneur pour quatre ans, jusqu’à la Coupe du monde 2030, avec une prise de fonctions au 1er août. Lors de sa présentation, il a résumé son état d’esprit en une phrase : » J’ai tout refusé pour l’équipe de France. » Kylian Mbappé, lui, a salué l’arrivée de son nouveau coach d’un simple » Bienvenue chez toi » sur Instagram.
Le troisième champion du monde 1998 sur le banc
Petit détail qui a son importance : Zidane est le troisième membre de la bande de 1998 à prendre les commandes des Bleus, après Laurent Blanc (2010-2012) et Didier Deschamps (2012-2026). Le double buteur de la finale contre le Brésil boucle ainsi une boucle commencée il y a près de trente ans.
Côté entraîneur, son CV tient en peu de lignes mais pèse lourd. La Castilla de 2014 à 2016, puis deux passages à la tête du Real Madrid (2016-2018 et 2019-2021). Résultat ? Trois Ligues des Champions consécutives et deux titres de champion d’Espagne. Depuis son départ de Madrid en 2021, il n’avait plus coaché. Cinq ans de pause, c’est long. Mais ça ne s’est pas vraiment vu.
Un staff XXL autour de Zizou
Première rupture avec l’ère Deschamps : l’encadrement. La FFF a présenté le 13 août un staff nettement plus fourni que celui de son prédécesseur. Zidane a fait venir ses fidèles, ceux qui l’accompagnaient déjà à Madrid, et il a ajouté des profils orientés data et vidéo.
Voilà les noms à retenir côté technique :
- David Bettoni, entraîneur adjoint. Ami d’enfance de Zidane depuis le centre de formation de Cannes, il succède à Guy Stéphan, l’adjoint historique de Deschamps.
- Hamidou Msaidie, assistant coach, autre homme de confiance des années madrilènes.
- Fabien Barthez, entraîneur des gardiens. Un autre champion du monde 1998 dans la boucle.
- Grégory Dupont, conseiller stratégie et performance.
- Stéphane Plancque, observateur, chargé de superviser les joueurs et les adversaires.
- Farid Tabet et Clément Ybert, respectivement assistant coach analyste data vidéo et analyste vidéo adjoint.
Concrètement, Zidane veut faire tourner la sélection comme un club, avec un quotidien structuré et beaucoup d’analyse. Pour son premier rassemblement, il a d’ailleurs eu droit à deux semaines et demie avec son groupe. Une durée inhabituelle hors grande compétition, et un vrai luxe pour poser ses idées.
Quatre matchs, quatre scénarios différents
Le calendrier n’a pas fait de cadeau. Le groupe A1 de la Ligue des Nations, avec l’Italie, la Belgique et la Turquie, avait des airs de groupe de la mort. Et les Bleus ont enchaîné quatre matchs en onze jours. Voici le récapitulatif.
| Date | Match | Score | Buteurs français |
|---|---|---|---|
| 25 septembre 2026 | Turquie – France | 0-1 | Mbappé (54e) |
| 28 septembre 2026 | Belgique – France | 0-1 | Olise (88e) |
| 2 octobre 2026 | France – Italie | 1-1 | Olise (55e) |
| 5 octobre 2026 | France – Belgique | 4-1 | Doué (77e), Cherki (81e), Olise (88e, 90e+1) |
Turquie et Belgique : gagner sans briller
Pour sa grande première, à Izmit, Zidane avait prévenu : avec seulement quatre entraînements, il ne fallait pas attendre une équipe déjà à son image. Il avait raison. Face à une Turquie accrocheuse, les Bleus ont souffert. Mbappé a ouvert le score à la 54e… avant de sortir sur blessure, touché au genou gauche. Mike Maignan a fait le reste, avec plusieurs parades décisives. Victoire 1-0, l’essentiel est là.
Trois jours plus tard, à Bruxelles, rebelote. Sans son capitaine, la France a eu le ballon, mais très peu d’occasions franches. Et c’est là que Michael Olise a sorti la frappe qui change tout : une demi-volée du gauche hors de la surface, à la 88e minute. Encore 1-0. Encore une victoire à l’arraché. Six points sur six, deux clean sheets, mais une animation offensive qui cherchait encore ses repères.
L’Italie, le premier coup de frein
Le 2 octobre, c’était le retour au Stade de France, et la première de Zidane devant le public français. L’ambiance était là, les Bleus aussi, au moins pendant une heure. Gianluigi Donnarumma a sorti coup sur coup une frappe d’Ousmane Dembélé et une autre d’Olise en début de seconde période. Olise a fini par trouver la faille à la 55e.
Mais attention : l’Italie de Roberto Mancini n’est jamais aussi dangereuse que quand on croit l’avoir mise KO. Sur une erreur de Lucas da Cunha, Alessandro Bastoni a égalisé à la 68e. Pour ne rien arranger, Dayot Upamecano a été expulsé et la France a fini à dix. Score final : 1-1. Un match à oublier ? Pas vraiment. Plutôt un match qui laisse des regrets.
Le 4-1 face à la Belgique, du coaching signé Zidane
Et puis il y a eu ce lundi 5 octobre. Le genre de soirée qui fait taire les premiers sceptiques. Dodi Lukébakio a mis la Belgique devant à la 35e, et pour la première fois depuis l’arrivée de Zidane, les Bleus étaient menés. À la pause, ça sentait le sapin.
Le coach a tranché. Ses entrants ont tout renversé en treize minutes. Désiré Doué a égalisé d’une frappe croisée (77e), Rayan Cherki a donné l’avantage (81e), puis Olise s’est offert un doublé (88e, 90e+1). Quatre buts dans le dernier quart d’heure, en mode rouleau compresseur. Première victoire à domicile de l’ère Zidane, et un message clair : le banc est une arme.
Petit bonus de la soirée : Guillaume Restes, le gardien de Toulouse, a fêté sa première sélection. Il a même gardé la maison au début du match face à Romelu Lukaku.
Où en est la France dans son groupe ?
Avec ce succès contre les Diables rouges, les Bleus ont creusé l’écart en tête. Les deux premiers du groupe filent en quarts de finale, prévus en mars 2027, avant un Final Four en juin 2027. Le dernier, lui, descend en Ligue B.
| Rang | Équipe | Matchs | Victoires | Nuls | Défaites | Buts | Points |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 | France | 4 | 3 | 1 | 0 | 7-2 | 10 |
| 2 | Italie | 4 | 2 | 1 | 1 | 8-5 | 7 |
| 3 | Belgique | 4 | 2 | 0 | 2 | 6-5 | 6 |
| 4 | Turquie | 4 | 0 | 0 | 4 | 2-11 | 0 |
Pour faire simple : la qualification n’est pas encore en poche, mais elle est sacrément bien engagée. Un bon résultat à Milan, et l’affaire serait quasiment pliée.
Les choix de Zidane qui font parler
Au-delà des résultats, ce sont les choix du sélectionneur qui ont alimenté les discussions. Zidane a fait tourner, testé, bousculé quelques habitudes. Philippe Diallo, le président de la FFF, s’en est d’ailleurs réjoui avant le match contre l’Italie, évoquant un grand brassage de joueurs. Il promettait même que le sélectionneur allait » encore nous réserver quelques surprises « .
Parmi les tendances qui se dégagent après ce premier rassemblement :
- Michael Olise, l’homme fort du début de mandat. Quatre buts en quatre matchs, et une influence énorme dans le jeu. Difficile de faire plus décisif.
- Un banc qui pèse. Doué, Cherki et Olise, tous entrés en jeu contre la Belgique, ont fait basculer le match. Zidane ne se contente pas de gérer ses changements : il s’en sert pour frapper.
- De nouvelles têtes. Estéban Lepaul, l’avant-centre de Rennes, a été appelé pour la première fois. Guillaume Restes a débuté dans les buts. Le message est passé : la porte est ouverte.
- Un nouveau système. Dès le premier match, plusieurs joueurs ont été alignés à des postes différents de ceux qu’ils occupaient sous Deschamps. Les automatismes manquent encore, ce qui est logique.
Lepaul, le pari qui intrigue
Le cas Lepaul résume bien la méthode Zidane. Le Rennais n’a pas vécu des débuts faciles en bleu, mais il carbure en club. Ce week-end encore, il a inscrit un triplé, certes tous sur penalty et dans une défaite 4-3 chez le Paris FC. Il reste le meilleur buteur de Ligue 1 avec sept réalisations en sept matchs. Au moment de l’appeler, Zidane avait expliqué vouloir le voir de plus près. Franchement, difficile de lui reprocher.
Et ça crée de l’émulation. Jonathan Clauss, absent des Bleus depuis septembre 2024, a profité d’un passage dans Téléfoot ce dimanche pour faire passer un message au sélectionneur. Le latéral de Nice s’est même amusé que tout le monde parle de Zidane, jusque chez le kiné. Signe que l’effet Zizou dépasse le seul groupe convoqué.
Ce qui coince encore
Tout n’est pas rose pour autant. Et il faut le dire honnêtement : sur trois des quatre matchs, la France a manqué de tranchant. Deux victoires 1-0, un nul à domicile… Il a fallu attendre le dernier quart d’heure du dernier match pour voir une équipe vraiment efficace devant.
Le problème, c’est aussi la gestion des temps faibles. Contre l’Italie, une erreur individuelle et un carton rouge ont suffi à faire déjouer les Bleus. Contre la Belgique, il a fallu une heure et quart pour réagir. Résultat ? Des points gagnés, mais une impression de fragilité que Zidane devra gommer avant d’affronter les grosses nations.
Reste aussi la question Mbappé. Le capitaine, meilleur buteur de l’histoire des Bleus, s’est blessé lors du premier match. Comment Zidane va-t-il l’intégrer dans son nouveau système ? C’est l’une des grandes interrogations de ce début de mandat, et la réponse viendra probablement en novembre.
Une petite digression familiale
Pendant que le père construit son équipe, le fils trace sa route. Elyaz Zidane, défenseur central de 20 ans, a rejoint le Red Star cet été après son passage au Betis Séville. Titulaire face à Saint-Étienne lors de la 9e journée de Ligue 2, il évolue dans une équipe installée sur le podium. Il a récemment confié que porter ce nom avait du bon… mais aussi des aspects plus compliqués. On veut bien le croire.
Rendez-vous en novembre : San Siro en ligne de mire
La prochaine trêve internationale réserve deux matchs qui pourraient sceller la qualification. Et le premier a une saveur particulière.
- Jeudi 12 novembre, 20h45 : Italie – France, au stade Giuseppe-Meazza de Milan (San Siro).
- Dimanche 15 novembre : France – Turquie, pour clore la phase de groupes.
Italie-France, avec Zidane sur le banc, ça réveille forcément des souvenirs. La finale de l’Euro 2000 gagnée au but en or. La finale du Mondial 2006, sa Panenka, puis le coup de tête et cette sortie que personne n’a oubliée. Vingt ans plus tard, le voilà de retour face à la Squadra Azzurra, en costume cette fois. Avouez que le scénario est savoureux.
Sur le plan sportif, l’enjeu est simple. L’Italie, deuxième, est à trois points. Une victoire à Milan et les Bleus seraient pratiquement assurés de finir dans les deux premiers. Un faux pas, et la dernière journée pourrait devenir plus stressante que prévu.
Questions fréquentes sur Zidane et les Bleus
Depuis quand Zidane est-il sélectionneur de l’équipe de France ?
Il a été nommé le 28 juillet 2026 par la FFF et a officiellement pris ses fonctions le 1er août 2026.
Jusqu’à quand court son contrat ?
Il a été nommé pour quatre ans, jusqu’à la Coupe du monde 2030.
Quel est le bilan de Zidane après ses quatre premiers matchs ?
Trois victoires et un nul : 1-0 en Turquie, 1-0 en Belgique, 1-1 contre l’Italie et 4-1 contre la Belgique.
Qui est l’adjoint de Zidane chez les Bleus ?
David Bettoni, déjà son adjoint au Real Madrid. Il est épaulé par Hamidou Msaidie, et Fabien Barthez entraîne les gardiens.
Qui Zidane a-t-il remplacé sur le banc ?
Didier Deschamps, sélectionneur de 2012 à 2026, dont le dernier match a été la petite finale du Mondial perdue 6-4 contre l’Angleterre.
Quel joueur a le plus marqué sous Zidane ?
Michael Olise, avec quatre buts lors des quatre premiers matchs de Ligue des Nations.
Quels sont les prochains matchs des Bleus ?
Italie – France le 12 novembre 2026 à Milan, puis France – Turquie le 15 novembre, pour les deux dernières journées de la phase de groupes.
La suite s’écrit à Milan
Dix points sur douze, une première place et déjà quelques idées fortes : le début de mandat de Zidane est solide, même s’il n’a pas encore tout réglé. L’équipe gagne, le banc répond, les nouveaux poussent. Il manque encore de la constance et un peu plus d’efficacité quand le match est fermé.
Novembre dira si cette France version Zizou est déjà prête à monter d’un cran. Et quel meilleur test qu’un Italie-France à San Siro ? Vous, vous signez pour quel score ?




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