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Gignac : retraite ou dernier défi ? Où en est APG

Gignac, sans club depuis juin : la fin d’une légende ou un dernier tour de piste ?

Quatre mois et demi après sa dernière sortie sous le maillot jaune et bleu des Tigres, André-Pierre Gignac n’a toujours pas tranché. Officiellement, il n’a annoncé ni retraite ni nouveau club. Officieusement, il tape le ballon dans un championnat de vétérans amateurs à Monterrey. Et entre deux pizzas, il est allé voir un match à la Bombonera.

Drôle de situation pour le meilleur buteur de l’histoire des Tigres. Fin mai, presque toute la presse française annonçait ses adieux au football. Mi-juin, L’Équipe expliquait qu’il voulait jouer encore un an. Début octobre, selon le média mexicain ABC Noticias, rien n’était décidé. Alors, on en est où avec  » Dédé  » ?

Une dernière soirée cruelle face à Toluca

Voilà ce qui s’est passé. Le samedi 30 mai 2026, les Tigres disputent la finale de la Coupe des champions de la CONCACAF contre Toluca. Gignac, 40 ans, démarre sur le banc. Il entre à la 77e minute dans un match fermé, et s’offre presque tout de suite une grosse occasion. Raté.

Le score reste vierge à la fin du temps réglementaire. Toluca ouvre le score en prolongation, les Tigres égalisent (1-1), et tout se joue aux tirs au but. Gignac s’avance, prend ses responsabilités, marque le sien. Mais Toluca l’emporte 6 tirs au but à 5.

Le scénario avait tout d’un film. Un deuxième titre continental aurait été la sortie parfaite : les Tigres avaient déjà gagné cette compétition en 2020, avec lui en patron de l’attaque. Le football n’a pas voulu de ce happy end. Franchement, ça pique.

Un hommage géant au Volcán un mois plus tôt

Avant cette finale, Monterrey avait déjà pleuré. Fin avril, pour ce qui ressemblait à son dernier match de championnat à domicile, face à Mazatlán (victoire 5-1), le public de l’Estadio Universitario lui a offert une ovation à la 10e minute (son numéro) et un tifo à la hauteur du personnage. Les images ont fait le tour des réseaux, jusqu’en France.

Le championnat, lui, s’est terminé en mai par une élimination en phase finale contre Guadalajara (0-2). Gignac était entré en seconde période, sans pouvoir renverser la vapeur.

Gignac et les Tigres, onze ans d’histoire d’amour

Il faut se replacer en 2015 pour mesurer le truc. À 29 ans, Gignac sort de la meilleure saison de sa carrière à l’OM et file au Mexique. Beaucoup parlent alors de préretraite dorée. On ne va pas se mentir : peu de monde imaginait qu’il écrirait la plus grande page de l’histoire d’un club de Liga MX.

Onze saisons plus tard, le bilan donne le vertige. Environ 444 matchs, 222 buts selon la plupart des décomptes (l’AFP en retient 219), et une armoire à trophées pleine à craquer. Il a aussi porté les Tigres jusqu’en finale de la Coupe du monde des clubs 2020, disputée en février 2021, perdue 1-0 contre le Bayern Munich. Une première pour un club de la CONCACAF.

Le palmarès de Gignac avec les Tigres

CompétitionTitresÉditions
Championnat du Mexique (Liga MX)5Apertura 2015, Apertura 2016, Apertura 2017, Clausura 2019, Clausura 2023
Campeón de Campeones42016, 2017, 2018, 2023
Ligue des champions de la CONCACAF12020
Campeones Cup12018
Total11–

Onze titres, donc. Et une place à part dans le cœur des supporters, qui va bien au-delà des chiffres. Au Mexique, on le surnomme affectueusement  » El Gordo « , un clin d’œil à son gabarit qui ne choque personne là-bas. En France, on se souvient plutôt de ses débuts compliqués à Marseille et de quelques moqueries sur sa forme physique. Le contraste est total.

Pourquoi Monterrey l’aime autant

Concrètement, plusieurs choses expliquent ce statut d’idole :

  • les buts en série dans le Clásico Regio contre le CF Monterrey, au point que L’Équipe a récemment raconté comment l’Estadio BBVA, le stade des Rayados, était devenu son jardin ;
  • une intégration totale : il parle espagnol, vit à Monterrey depuis 2015 et s’y est installé pour de bon ;
  • un rôle de grand frère dans le vestiaire, notamment auprès de jeunes du centre de formation comme l’ailier Diego  » Chicha  » Sánchez ;
  • une fidélité rare : il a refusé plusieurs sollicitations au fil des années pour rester chez les Tigres.

Le Monde a même expliqué cet été que sa réussite avait ouvert la voie du Mexique à toute une génération de joueurs et de joueuses tricolores. Rien que ça.

Un départ des Tigres sans tapis rouge

Et c’est là que ça se complique. Le départ de Gignac ne s’est pas fait dans la douceur qu’on pouvait imaginer. Selon Foot Mercato, qui s’appuie sur L’Équipe, le club ne lui a pas proposé la prolongation qu’il espérait. Et pas non plus de poste dans l’organigramme, du moins à ce moment-là.

C’est un peu surprenant quand on se souvient du discours tenu en 2024 et 2025. À l’époque, il était question qu’il intègre la direction sportive des Tigres après sa carrière. Le joueur lui-même parlait de rester  » à vie  » dans la maison. Mi-juin, plusieurs médias français ont même évoqué une attitude du club  » qui interroge « , Gignac restant sans nouvelles de ses dirigeants.

D’après RotoWire, qui relaie ABC Noticias, il a quitté le club après onze saisons sans annonce officielle d’un côté comme de l’autre. Pour une légende de ce calibre, ça fait bizarre.

Une dernière saison plus compliquée

Il faut aussi être honnête sur le terrain. La saison 2025-2026 n’a pas été la plus brillante de Gignac. Le temps de jeu a fondu, les blessures (une entorse de la cheville au printemps) se sont invitées, et les buts se sont faits plus rares.

RepèreChiffre
Matchs joués en 2025-2026 (toutes compétitions)34
Dont titularisations13
Buts3
Passes décisives4
Âge lors de la finale contre Toluca40 ans

Rien de honteux à 40 ans. Mais on comprend que les Tigres aient voulu tourner la page sportivement. La question, c’est plutôt la manière.

Retraite ou pas ? Ce qu’on sait vraiment

Pour faire simple, il y a eu deux récits successifs. Le 30 mai, l’AFP et une bonne partie de la presse française présentent la finale contre Toluca comme le dernier match de sa carrière. Quelques jours plus tard, le discours change : selon L’Équipe, Gignac veut continuer un an de plus, aux Tigres ou ailleurs, et aurait même refusé des propositions de consultant en France et au Mexique pour rester disponible.

Depuis, les rumeurs ont défilé. Mais attention : rien n’a été signé, nulle part.

  • Orlando City (MLS) : fin mai, plusieurs médias mexicains, dont le groupe Multimedios, l’annonçaient proche de rejoindre Antoine Griezmann en Floride. Le dossier n’a jamais été officialisé.
  • Boca Juniors : le club argentin le suivrait depuis des années, selon L’Équipe. Gignac en avait déjà été proche en 2019.
  • Club América : citée par la presse en juin, une piste qui aurait fait hurler Monterrey.
  • L’Asie : fin septembre, Sportune évoquait quelques possibilités encore ouvertes sur ce continent, sans club précis.

Résultat ? Mi-octobre, Gignac est toujours libre. Et selon ABC Noticias, il n’a pas encore pris sa décision sur une éventuelle retraite.

La Bombonera, un rêve d’enfant marseillais

Début octobre, Gignac était dans les tribunes de la Bombonera pour la victoire de Boca contre Unión (3-0). Interrogé par la chaîne du club, il a parlé d’ » un rêve qui se réalise « . Il a aussi raconté que, gamin, il voyait les drapeaux de Boca et de l’Argentine au Vélodrome, et qu’il avait rêvé de jouer là-bas.

Visite de touriste ou repérage ? Impossible de le savoir. Mais l’image d’APG dans ce stade mythique a forcément relancé les fantasmes des deux côtés de l’Atlantique.

Avant le Mexique, un buteur qui a marqué la Ligue 1

On l’oublie parfois, mais Gignac avait déjà une belle carrière avant de traverser l’Atlantique. Formé dans les Bouches-du-Rhône, passé par Lorient (avec un prêt à Pau), il explose à Toulouse. En 2008-2009, il termine meilleur buteur de Ligue 1 avec 24 buts. Le TFC finit 4e. Lyon tente même de l’attirer, sans succès.

Puis vient l’OM, à l’été 2010. Les débuts sont laborieux, les critiques sur son physique pleuvent. Mais il remporte deux Coupes de la Ligue, et sa dernière saison, sous Marcelo Bielsa en 2014-2015, est énorme : 21 buts en championnat. Il part au sommet. Les supporters marseillais ne l’ont jamais vraiment digéré.

Gignac et les Bleus, ce poteau de l’Euro 2016

Impossible de parler de lui sans évoquer le 10 juillet 2016. Finale de l’Euro au Stade de France, 0-0, temps additionnel. Gignac efface Pepe d’un crochet et frappe… sur le poteau. Le Portugal gagne en prolongation. Ce ballon-là hante encore pas mal de supporters français.

Au total, il compte 36 sélections et 7 buts en équipe de France. Et il a réussi un exploit rare : rester appelé par Didier Deschamps tout en jouant au Mexique, à une époque où la Liga MX était encore regardée de haut en Europe.

Et maintenant, quels scénarios pour APG ?

Autant le dire tout de suite : à 40 ans, après quatre mois sans compétition officielle, un retour au haut niveau serait un pari. Voici les options les plus crédibles :

  • une dernière pige dans un championnat moins exigeant physiquement, en MLS ou en Asie, pour finir sur le terrain plutôt que sur une finale perdue ;
  • une retraite officialisée dans les prochains mois, avec peut-être un match d’adieu à Monterrey, que beaucoup de supporters réclament ;
  • une reconversion côté direction, aux Tigres ou ailleurs, comme il en avait toujours parlé ;
  • le développement de ses affaires à Monterrey, à commencer par Petite Canaille, sa pizzeria d’inspiration marseillaise ouverte à San Pedro Garza García.

Le plus probable, d’après RotoWire, reste une annonce de retraite une fois sa réflexion terminée. Mais avec Gignac, on a appris à se méfier des pronostics. En 2015 déjà, tout le monde se trompait sur lui.

Sa place dans l’histoire du foot français

Au-delà de la suite, une chose est sûre : sa carrière mérite d’être relue. Meilleur buteur de Ligue 1, finaliste de l’Euro, légende absolue d’un club étranger, et plus de 200 buts sur un autre continent. Peu d’attaquants français peuvent présenter un tel CV. Et encore moins avec cette originalité de parcours.

FAQ sur André-Pierre Gignac

Gignac a-t-il pris sa retraite ?

Pas officiellement. Sa finale perdue contre Toluca, le 30 mai 2026, a été présentée comme son dernier match. Mais début octobre, il n’avait toujours pas annoncé sa décision.

Dans quel club joue Gignac actuellement ?

Aucun. Il est libre depuis la fin de son contrat avec les Tigres, en juin 2026. Il joue seulement dans une ligue de vétérans amateurs à Monterrey.

Combien de buts a marqué Gignac avec les Tigres ?

Environ 222 buts selon la plupart des décomptes, 219 selon l’AFP, en près de 444 matchs. Il est le meilleur buteur de l’histoire du club.

Combien de titres a gagné Gignac au Mexique ?

Onze : cinq championnats, quatre Campeón de Campeones, une Ligue des champions de la CONCACAF (2020) et une Campeones Cup (2018).

Quel âge a André-Pierre Gignac ?

Il a 40 ans. Il est né le 5 décembre 1985 à Martigues et fêtera donc ses 41 ans en décembre.

Gignac va-t-il rejoindre Griezmann à Orlando ?

La piste a été évoquée fin mai par des médias mexicains, mais elle ne s’est pas concrétisée. Rien n’a été signé.

Combien de sélections compte Gignac en équipe de France ?

36 sélections pour 7 buts. Il a notamment disputé la finale de l’Euro 2016, où il a touché le poteau dans le temps additionnel.

Le dernier mot appartient à Dédé

Gignac a passé sa carrière à faire mentir ceux qui l’enterraient trop vite. Cette fois, le temps joue contre lui, et il le sait. Qu’il raccroche ou qu’il s’offre un ultime défi, sa trace est déjà gravée, à Toulouse, à Marseille et surtout à Monterrey.

Clin d’œil du calendrier : ses deux anciens clubs français, l’OM et le TFC, s’affrontent au Vélodrome le 1er novembre. Une belle occasion de se souvenir de lui. Et vous, vous le voyez rechausser les crampons une dernière fois, ou il est temps de dire stop ?

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